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La Flamme sur la bougie - Tome 1
Itinéraire de l'athée.
En naissant dans une famille de médiums pratiquant le spiritisme, le chemin de ma vie
aurait pu être tracé d'avance.
Et pourtant...
J'ai été baptisé à l'église catholique.
Je suis allé à l'école laïque.
J'ai suivi le catéchisme pour passer ma communion privée puis ma communion solennelle.
Cette instruction religieuse, je l'ai toujours suivie de manière très légère et sans
aucune conviction.
Elle présentait bien des contradictions et semait le doute dans mon jeune esprit.
Ainsi , la bible explique clairement : "tu ne feras point d'images taillées",
alors que toutes les églises sont remplies de statues et de symboles devant lesquels il
faut se prosterner
Le "Notre Père" demande le pain de chaque jour, alors que la spiritualité
devrait s'occuper du salut de l'âme
La confession à un "représentant de Dieu" permet de se laver de tout péché
et ceci semble bien facile.
Pêcher d'abord et ensuite se faire pardonner et obtenir une impunité, la seule sanction
étant de réciter quelques prières toutes faites.
Comment admettre la bénédiction des armes et des biens matériels, comme des navires,
des lieux, etc...?
Dans la vie telle que je la ressentais, seule la sincérité pouvait m'atteindre.
Le refus du mensonge, y compris avec soi-même étant la voie à suivre.
Se glorifier de choses inventées peut changer l'image que nous voulons donner, mais nous
connaissons bien au fond de nous-mêmes la vérité et nous restons tels que nous sommes,
avec en plus le désaccord entre l'image et la réalité.
Dans mon jeune âge, je me souviens être allé deux fois à "la salle" avec mes
parents.
Chaque semaine "le groupe" se réunissait pour pratiquer des soins.
Bien qu'initié à ce genre de choses, la première réunion à laquelle j'ai assisté m'a
tout de même impressionné.
Je me souviens encore de ce médium qui ressentait les douleurs d'une personne décédée
dans un accident et que l'on aidait à se séparer de son corps et de sa souffrance.
Sa souffrance était réelle et correspondait, nous l'avons vu après, aux chocs subis.
Lors des soins par magnétisme, je me souviens n'avoir rien ressenti de particulier, ni
chaleur, ni "fluide".
La semaine suivante, le discours d'un des médiums ne m'a pas convaincu.
Je n'ai pas senti de sincérité et j'ai pensé que le médium parlait simplement, sans
inspiration autre que sa propre pensée.
Je ne suis ensuite plus retourné à la salle.
Mon mode de pensée, basé sur le vécu et la réalité des choses tangibles, était loin
de toute croyance et de tout surnaturel.
J'existais par moi-même, et cela était suffisant.
Mes facilités intellectuelles me permettaient de faire face aux situations sans effort.
Mon mode de pensée a encore changé, ou plutôt évolué dans le même sens, à la suite
d'un accident que j'ai eu dans ma 15ème année.
Un accident de mobylette qui m'a valu un vol plané et j'ai atterri tête première sous
la roue d'un car qui roulait en sens inverse..
Quand ma tête a été serrée entre le pneu et la route, j'ai senti ma tête aplatie et
je m'entends encore penser aujourd'hui comme à cet instant : "Ca y est , je suis
mort".
J'avais franchi le pas, étonné de la simplicité de ce passage de la vie à la mort.
Je me suis alors relevé, choqué, tenant ma tête endolorie entre mes deux mains.
J'ai regardé autour de moi et j'ai été très étonné de voir tous ces gens , figés,
inquiets, en train de m'observer.
Ma première pensée a été pour ma mère, il fallait l'avertir, qu'elle ne se fasse pas
de soucis, j'allais bien.
La seconde fût pour le collège ou j'allais être en retard, et mon engin qui était
inutilisable.
J'ai alors réalisé que j'étais encore vivant.
Depuis ce jour, j'ai vécu en pensant faire du supplément et l'importance de toute chose
est devenue très relative.
J'avais surtout appris et compris que l'on est mortel et que l'on doit mourir un jour,
inéluctablement.
Tant que l'on n'a pas vécu cette expérience, on ne sait pas, même si on croit savoir,
car il reste toujours au fond de soi un espoir d'immortalité.
Ceci m'a amené à vivre pleinement ma vie, à essayer de ne pas gâcher ce temps
supplémentaire, sachant qu'à n'importe quel moment tout peut s'arrêter.
Mon éducation a guidé mes pas dans la loyauté et l'honnêteté, à essayer surtout de
me rendre utile.
Pour satisfaire mon besoin d'exister j'ai tout fait pour laisser mon empreinte sur mon
passage.
J'ai ainsi vécu en pensant que Dieu et autres divinités sont des inventions de l'homme
dans sa peur de la mort, pour y puiser la force face à son angoisse que tout s'arrête un
jour.
Quand on sait qu'il faut mourir, il n'y a plus de question, donc plus d'angoisse, c'est un
fait admis
Ensuite, j'ai continué ma vie "en dehors des normes", me plaçant hors des
chemins, voulant sans cesse améliorer les choses, et contestant toute forme d'autorité
et refusant toute chose imposée ou établie arbitrairement.
L'esclavage commence par la soumission, sous toutes ses formes.
La notion de maître et de serviteur, de patron et d'employé, c'est une forme
d'esclavage, car elle prive du libre choix.
Le respect, s'il n'est pas réciproque est aussi une forme de soumission.
L'exécution d'un ordre uniquement parce que c'est un ordre peut être plus horrible de
conséquences.
Les religions sont grandement responsables de cet état de fait, par leur dictature et la
notion d'intelligence supérieure à laquelle il faut obéir sans discuter.(comme le
sacrifice de son propre enfant)
L'anarchie n'est pas "chacun fait ce qu'il veut", contrairement à ce que
peuvent penser les gens ordonnés, mais "chacun est responsable de sa conduite dans
le respect des autres".
Comme dans un corps humain, chaque cellule mène sa vie indépendante, mais l'ensemble
suit le but commun
Liberté Liberté Liberté
Comment alors respecter une idéologie qui se cache toujours derrière une intelligence
supérieure, et accepter ce confort intellectuel.
Se permettre de souhaiter à ceux qui nous nuisent une vengeance divine (le bon dieu t'a
puni) qui nous laisse les mains propres.
Qu'en est-il dans nos coeurs ?
Toute ma vie je m'élèverai contre l'irresponsabilité engendrée par les religions et
les partis politiques
Car leur but consiste à asseoir une autorité et imposer une direction sociale favorable
à ceux qui dirigent.
Pour cela, ils menacent des pires maux et font miroiter un pseudo-bonheur.
Le bonheur ne se donne pas, il est en chacun de nous et il nous appartient de le trouver,
sans écouter le chant des sirènes.
Ne nous laissons pas abuser et ne confondons pas bonheur et opulence. |
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