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La Flamme sur la bougie - Tome 3

les Trajectoires.

En me basant sur ma propre expérience, j'ai pu constater que nous suivons des trajectoires qui semblent souvent préétablies.

Le chemin de ma vie présente ainsi plusieurs trajectoires différentes, comme si j'avais vécu parallèlement plusieurs existences, avec quelques points de rencontre.

Le travail a rempli une grande partie de ma vie, je n'y ai pas compté mon temps, toujours à progresser dans les connaissances techniques et humaines.

Le contact et les échanges d'idées représentent une partie importante de ce "travail", mais est ce encore un travail, sinon une passion ou un plaisir.

" Tu travaille trop ", j'ai souvent entendu cette phrase qui sous-entend, "tu ne prends pas le temps de vivre"

Réflexion faite, je ne peux pas répondre, car je n'ai pratiquement jamais eu l'impression de travailler trop.

Le défi toujours à relever entre les ordinateurs et ce que l'on veut leur faire exécuter, les demandes et les besoins réels, l'évolution effrénée.

Des nuits sans dormir, ou si peu, devant l'écran qui finalement ne reflète que ma propre pensée, mes propres erreurs, je ne me mesure qu'à moi-même.

Tout ceci ressemble si peu à un "travail"

Si je passe tant de temps, c'est que j'y trouve du plaisir et une satisfaction.

Je ne ressens pas réellement de contrainte et en cela j'ai conscience d'être quelque peu privilégié.

Cependant, je ne suis jamais déconnecté de tout ce qui fait ma vie.

Pendant le temps où je travaille, le contact avec mon épouse est établi, même en pointillé, elle sait toujours où je suis, ce que je fais.

Sa présence est là, même si des kilomètres, voire des centaines de kilomètres nous séparent.

Le dialogue n'est jamais rompu.

Nos vies sont liées, comme le lierre, enroulés l'un à l'autre.

Les enfants sont là, près d'elle, en sécurité, protégés par notre amour, sans qu'ils soient conscients de ce qui les entoure.

Je revois nos débuts.

Pendant une période, j'ai travaillé comme employé, sans parvenir à m'intégrer dans ce monde organisé.

Je me souviens de cette période comme celle de l'ouverture au monde du travail, de l'initiation.

J'ai vu les contraintes.

J'y ai rencontré des gens fermés dans leur rôle, j'ai vu des hommes sans voir les hommes.

Depuis la création de ma première entreprise, suivie par la période financièrement la plus difficile de ma vie, j'ai rencontré beaucoup de personnes.

Pendant longtemps je ne les ai pas vus.

J'ai marché avec mes oeillères.

Et puis, petit à petit, je les ai vus, vus car je les ai regardés, regardés non comme des fonctions, mais comme des êtres.

Comprendre leur vie, leurs angoisses, à tous les niveaux de hiérarchie (quel vilain mot) au contact desquels mon métier me met.

Toute ma vie s'est égrenée, comme de la dentelle autour du fil conducteur, jusqu'à cette révélation que j'ai exprimée dans mon premier tome.

Quand je reviens en arrière, je me rends compte que chacun doit suivre son parcours, avec sa propre sensibilité, sans chercher à imposer à autrui.

Je comprends seulement aujourd'hui cette notion de trajectoire, en voyant celles qui se déroulent en même temps que la mienne.

Avec des points de contact, mais sans jamais faire partie de cette trajectoire qui est strictement la mienne.

Il en va ainsi des enfants, qui ont apparemment une vie commune avec nous.

Dès leur naissance ils prennent leur propre trajectoire, et notre influence ne va les orienter que sur quelques points quand leur trajectoire rencontre la nôtre, ici et là.

Il en va ainsi de nos amis, que nous rejoignons de loin en loin car nos trajectoires se coupent sans que cela soit vraiment de notre volonté.

Ces points de rencontre sont en quelque sorte des "passages obligés" et quand on les analyse, ils semblent bien "arrangés" et non fortuits.

Quand des trajectoires n'ont pas de raison de se croiser, elles s'ignorent, et restent parallèles, comme ce cousin que je voyais souvent dans l'enfance.

Je le perds de vue et j'apprends plus tard que pendant plusieurs années j'avais eu mes bureaux à seulement 200 m de son magasin.

Nos trajectoires se sont seulement rejointes lors d'une super réunion de famille.

A cette réunion j'ai également pu revoir ma cousine pour la dernière fois (elle est décédée quelques jours plus tard).

Ma communication avec elle était ce jour là et pas un autre, en ce lieu, entouré de toutes nos familles.

Cette communication a été intense, nous avons pu échanger quelque chose qui ne peut s'exprimer par des mots.

Ce qui est à remarquer, c'est que mon fils aîné, qui avait suggéré cette réunion, n'a pas pu s'y rendre, et il a ainsi manqué ce point de rencontre.

Alors observons, regardons ces points comme des moments importants, privilégiés, et qui portent en eux une signification.

Nous ne sommes pas ici et là par hasard, nous avons notre rôle à remplir et il faut bien comprendre les messages qui nous sont destinés.

Pour cela il faut être tourné vers l'autre, il est là pour nous révéler quelque chose, et nous avons-nous aussi quelque chose à lui communiquer.

Quand des trajectoires se croisent, c'est un moment privilégié, conséquence de nos pensées respectives qui nous amènent sans que nous le sachions l'un vers l'autre.

A ce moment précis, l'un a besoin de la clé que détient l'autre.

Ceci se révèle si souvent exact que lorsque mes pas me conduisent vers un lieu, je sais d'avance que quelque chose de précis m'attend.

Il en est ainsi pour chacun de nous.

Suivons donc nos trajectoires en toute sérénité, les points de rencontre seront là pour nous éclairer.

Ouvrons bien nos yeux et nos coeurs pour ne pas manquer l'essentiel.

Profitons de ces rencontres pour donner et pour recevoir.

A chacun sa trajectoire.

 

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