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La Flamme sur la bougie - Tome 4
Mon Frère s'en est allé.
Mon frère s'en est allé, son cœur s'est arrêté, affaibli par la lutte contre le cancer.
Il avait gagné une première bataille, avec courage, mais la maladie a récidivé, se propageant dans son corps affaibli, inexorablement.
Il nous a caché cette récidive, gardant sa souffrance secrète, il ne voulait pas nous voir tristes, ni nous inquiéter.
Alors il s'est installé dans un petit appartement, seul au début, et puis il a rencontré une compagne.
Nous avons pu les voir, l'un avec l'autre, nous rendre visite, les uns après les autres, heureux de s'être trouvés.
Elle était là quand il s'est éteint, et je la remercie encore d'avoir été près de lui.
Il y a des étapes qu'il nous faut passer, la mort en est une, comme la naissance en est une autre, et chacun de nous est concerné.
Quand je repense à ce que j'avais vécu auparavant, avant de comprendre ce que nous sommes, je remercie encore les guides de m'avoir ouvert à cette nouvelle dimension.
Je n'ai pas vécu ce départ comme les précédents, pas cette douleur intense, pas cette tristesse.
Simplement une séparation, il me manque mais je le sens si présent qu'il semble qu'il ne m'a pas quitté.
Au-delà cette séparation, il y a la fin de la souffrance et il y a l'espoir de se retrouver encore et encore.
C'est un nouveau chemin, que nous emprunterons-nous aussi, quand notre temps sera venu.
Le corps n'existe plus, juste quelques cendres, qui vont aller rejoindre d'autres cendres puis d'autres cendres encore.
Mais son esprit demeure, toujours aussi joyeux, il nous dit soyez gais, tristesse n'est pas de mise.
On peut toujours chanter, et puis danser, et rire ensemble comme par le passé.
J'ai ressenti ce poème, pour lui mon frère aîné, et puis pour mon frère Serge qui nous avait quitté voici quelques années.
Je vous le livre tout brut, tel qu'il m'a été confié.
Si quelqu'un vous quitte, ne soyez pas triste, relisez ce poème, et puis vous comprendrez.
L'Homme au panier de fruits
Quand il est arrivé, il portait un panier
Rempli de fruits de toutes sortes
Il les a croqués d'abord goulûment
Chaque fruit a un goût particulier,
Et il veut tous les goûter.
Certains lui sont doux,
Mais d'autres sont amers
Il les consomme pourtant tous.
Il partage les meilleurs, car il est généreux,
Gardant pour lui les plus mauvais,
Soulageant ceux dont les fruits sont trop durs.
En arrivant vers le fond du panier,
Les fruits sont bien moins bons,
Leur saveur est passée.
Il les mange quand même, avec courage.
Et tout est consommé.
Mais au fond du panier, il en reste un,
Tout petit, le dernier,
Celui là est le plus doux.
Et le panier est vide, alors il le laisse,
Comme une enveloppe inutile,
Pour suivre son chemin.
Laissez-lui donc le temps,
D'une nouvelle récolte
Alors il reviendra, cela je le promets,
Avec un grand panier encore à partager.
En l'attendant faites comme lui,
Partagez donc vos fruits,
Ne laissez pas moisir ce que vous possédez.
Voilà ce qu'est une vie,
A bientôt, mon Dédé,
A bientôt, mon Serge,
A bientôt, mes Frères.
Ce poème, je le garde en mon coeur, chaque fois il me réjouit, il guide mon âme.
En le relisant, je prends la mesure du temps, chacun sa destinée, sa mission, ne laissons pas notre ego et nos douleurs nous faire oublier le but de notre vie
Il y a tant à faire, et tant à faire comprendre, que chaque instant est important.
Ne laissons pas pourrir nos fruits au fond du panier.
Christian aussi s'en est allé, subitement, à l'heure où nous mettons sous presse.
Il a beaucoup donné, il m'a beaucoup aidé, notre communion était si forte qu'elle se passe de mots.
Ce poème te va bien, bon chemin et à bientôt.
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